Israël doit inculper ou libérer un Palestinien en grève de la faim, selon Amnesty
Amnesty International a pressé hier Israël soit d’inculper, soit de libérer Bilal Kayed, un prisonnier palestinien en grève de la faim depuis deux mois pour dénoncer son maintien en détention sans nouvelle inculpation après avoir purgé l’intégralité de sa peine. « Les autorités israéliennes doivent inculper Bilal Kayed ou le libérer », a dit l’organisation des droits de l’homme dans un communiqué.
M. Kayed, 34 ans, n’ingère que de l’eau et des vitamines et menace désormais de ne plus en prendre non plus alors qu’il « souffre au niveau respiratoire, rénal, a des problèmes de vue et d’audition et de forts maux de tête », a rapporté Addameer, une ONG palestinienne de défense des prisonniers palestiniens. Malgré sa santé vacillante, son appel devant la Cour suprême israélienne n’est prévu que le 5 octobre, dit Addameer. Pour son frère Mahmoud, cité par Amnesty, c’est « un acte de vengeance », de même que pour les Palestiniens qui se mobilisent régulièrement depuis le début de la grève de la faim de M. Kayed, entrée dans son 59e jour vendredi.
Arrêté fin 2001, en pleine deuxième intifada, M. Kayed a été condamné en 2002 par la justice militaire israélienne à 14 ans et demi de prison pour ses activités au sein du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP, la gauche historique), considéré comme un groupe terroriste par l’État hébreu. Il devait être libéré mi-juin. Mais Israël a décidé de le garder en prison, sous le régime de la détention administrative. Ce régime extrajudiciaire, dénoncé par l’Onu et les ONG de défense des droits de l’homme, permet de détenir un prisonnier sans inculpation ni procès pour une période de six mois renouvelable indéfiniment. À la mi-journée, des dizaines de Palestiniens ont organisé une prière collective à Jérusalem pour lui. Des Palestiniens et des Arabes israéliens ont manifesté mardi devant l’hôpital d’Ashkelon (sud d’Israël) où il est menotté à son lit, « une punition et un traitement cruel, inhumain et dégradant », selon Amnesty.
Source : L’Orient-le Jour avec l’AFP (site AFPS)
Communiqué de l’AFPS : La complaisance envers Israël ne mène qu’au pire
Une nouvelle fois la pratique scandaleuse de l’internement administratif provoque un vaste mouvement de grèves de la faim dans les prisons israéliennes. Alors que Bilal Kayed avait achevé le 13 juin dernier, de purger une peine d’emprisonnement de 14 ans et demi et que sa famille l’attendait pour sa libération, une mesure de 6 mois d’internement administratif lui a été signifiée. Refusant cet acte arbitraire, il est depuis le 15 juin en grève de la faim, accompagné par des centaines de ses camarades qui refusent comme lui la perspective d’une détention illimitée une fois leur peine expirée.
C’est précisément cette pratique qu’un Eric Ciotti, parti « enquêter » sur place avec un compère, a choisi de vanter sur Twitter, en parfaite convergence idéologique et politique avec le pouvoir israélien en place, prenant pour modèle « les centres de rétention administratifs israéliens » comme la prison d’Ofer. Exemple scandaleux, dont il propose de s’inspirer pour la France, que cette mesure qui permet de tenir quelqu’un enfermé pour des périodes de 6 mois indéfiniment renouvelables sans avoir à lui fournir de motifs. Cela a même amené Jean-Jacques Urvoas à répliquer et récuser un tel modèle. Dont acte.
Coïncidence de timing, pendant la visite de ces admirateurs des « centres de rétention à l’israélienne », une nouvelle fois des structures d’habitation et d’élevage en territoire palestinien occupé financées par la France ont été détruites à Nabi Samuel, près de Jérusalem, suivant de peu celles d’Umm al-Kheir au sud d’Hébron. Cela a valu une énième condamnation du Ministère français des Affaires étrangères quelques jours après les nouvelles annonces de construction dans les colonies, notamment à Gilo.
Dans tous ces cas, on ne peut que constater la parfaite indifférence des dirigeants israéliens aux condamnations verbales ainsi que la poursuite continue de faits accomplis illégaux sur le terrain. C’est ce qu’a noté sans langue de bois Jean Arthuis, ancien ministre de Jacques Chirac et député européen, de retour d’une mission à Gaza, dans le reste de la Palestine et en Israël pour qui « Tout accrédite en effet l’hypothèse selon laquelle Israël déroule son plan d’occupation définitive des territoires par l’implantation de colonies, laissant à la communauté internationale le soin de maintenir la vie et un semblant d’espoir en Palestine. »
C’est donc à un réexamen de fond en comble de ses relations avec Israël auquel la France doit procéder aujourd’hui. Il n’est pas possible de continuer à vanter l’excellence des relations bilatérales et de pousser au développement de la coopération économique, notamment avec le programme de recherche européen Horizon 2020, tout en constatant que, jour après jour, les dirigeants israéliens s’emploient à ruiner toute solution politique fondée sur le droit international et la coexistence de deux Etats.
Cela demande le courage politique de mettre en œuvre sans délai des sanctions effectives pour s’opposer à cette politique qui est un déni des droits les plus élémentaires et une menace pour la paix.
Le Bureau national
Georges Ibrahim Abdallah, Bilal Kayed et tous les prisonniers palestiniens. Solidarité.
Engagé très jeune aux côtés du peuple palestinien pour la libération de toute la Palestine, Georges Ibrahim Abdallah, détenu dans les prisons françaises depuis presque 32 ans, n’a cessé d’exprimer sa solidarité aux prisonniers politiques palestiniens.
Dernièrement encore, en solidarité avec le combattant Bilal Kayed, en détention « administrative » dans les prisons de l’occupant israélien, et en grève de la faim depuis plus de deux mois, Georges Abdallah a fait une grève de 3 jours suivie aussi par une dizaine de co-détenus basques et arabes de la prison de Lannemezan.
Une formidable campagne de solidarité s’est exprimée à travers le monde, liant la libération de Bilal Kayed, Ahmad Saadat, Marwan Barghouti, Georges Abdallah et tous les prisonniers palestiniens.
À Gaza, mardi dernier, des représentants du FPLP, de la commission des Prisonniers et de l’Union de la Jeunesse progressiste palestinienne de Gaza se sont rassemblés devant le Centre français brandissant » Georges Abdallah nous avons entendu ton appel » « Honte à toi France, libérez Georges «
Lors d’une semaine de solidarité avec Bilal Kayed à Beyrouth, Georges Abdallah a souligné l’importance de cette solidarité avec les prisonniers palestiniens, rappelant à tous les militants que ce sont des combattants de la révolution palestinienne, que leur libération est urgente et primordiale et qu’elle fait partie du mouvement de libération de la Palestine. Plus ici et là.
Condamné à perpétuité pour des actes de résistance revendiqués par les Fractions armées révolutionnaires libanaises, alors que son pays était lui-même occupé par les troupes israéliennes, Georges Ibrahim Abdallah n’a jamais rien renié de son engagement politique antisioniste et anti-impérialiste.
Il est de notre devoir d’exiger sa libération ainsi que celle de tous les prisonniers palestiniens.
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