A Corsica ùn hè micca un dipartimentu francese, hè una nazione vinta chi hà dà rinasce !
Au milieu du XVIIIe siècle, la jeune République de Corse, l’une des premières nations européennes à mettre en application les principes des Lumières, se construisait. Election au suffrage universel, droit de vote des femmes, contrôle des décisions prises au plus haut niveau du gouvernement, la balbutiante démocratie corse s’installait dans le paysage méditerranéen en forçant le respect des grands penseurs de ce temps. En 1768, Gênes, pourtant dépourvu de tout droit sur l’île et son peuple depuis que ce dernier avait déclaré son indépendance, vendait la Corse au Royaume de France, dirigée par Louis XV, monarque de droit divin.
Celui-ci envoya des milliers de soldats pour écraser le peuple corse. La victoire militaire des troupes françaises, largement supérieure en nombre et en moyens, ne suffisant pas, une politique de non-développement économique et de domination culturelle a été mise en place, avec le soutiens de fidèles relais locaux. Émigration causée par la pauvreté, quasi disparition de la culture corse, notamment de la langue, projets de bétonisation du littoral afin de favoriser le tourisme… La liste serait longue des conséquences de l’action des différents gouvernements français.
Dans les années 1960-1970, alors que la population a atteint un minimum historique, que la langue corse se meurt, une partie du peuple corse se révolte, reprenant le fil des luttes passées. Des actions fortes sont menées, particulièrement pour la protection de l’environnement. Une répression importante commence, notamment au moment de la prise de la cave viticole d’un colon rapatrié d’Algérie, à Aleria, en 1975, où près de 2000 soldats français sont envoyés face au petit groupe d’occupants. La création, l’année suivante, du FLNC, entraîne la structuration d’un mouvement politique se prononçant clairement pour l’indépendance nationale et décidant, au niveau stratégique, d’occuper tous les terrains de lutte, y compris celui de la lutte armée.
Les actions contre les symboles de l’État se multiplient mais aussi contre les actions de spéculations foncières et immobilières, face aux prédateurs intéressés par la construction de grands complexes hôteliers dans les nombreux sites paradisiaques que compte l’île. En face, la réponse s’organise également : interdiction de mouvements politiques, tentatives et assassinats de militants, incarcération massive…
Ainsi, comme au XVIIIe siècle, où après la victoire française des dizaines de Corses furent déportés sur le continent, des centaines, voire des milliers de militants indépendantistes sont incarcérés dans les prisons françaises.
Aujourd’hui, alors qu’une grande partie des forces politiques de Corse, y compris les grands partis français, ont inscrit à leur programme certaines des revendications historiques du mouvement indépendantiste (officialisation de la langue corse, protection du patrimoine environnemental, développement maîtrisé et diversifié…), des militants restent enfermés dans les geôles de l’État en raison de leur engagement politique.
Ceux-ci subissent, en plus de l’enfermement et du traitement spécial réservé par la section anti-terroriste du parquet de Paris, une autre peine : celle de l’éloignement géographique et familial. Sciemment pratiqué par l’Etat français afin de casser le moral des militants et de leurs familles, celui-ci occasionne des déplacements longs et coûteux pour des personnes souvent issues des classes populaires. Pourtant, le droit français prévoit que la personne détenue doit l’être à proximité de son lieu de vie et de ses proches.
Pour cela, des actions importantes ont été menées, aussi bien dans la rue que dans les institutions corses, pour permettre le rapprochement immédiat des détenus politiques corses. Cela a aboutit partiellement mais plusieurs d’entre eux restent incarcérés à Fresnes, à La Santé, à Bois d’Arcy…
Mais ces rapprochements ne pourront être qu’un premier pas. Alors qu’un processus politique semble s’initier en Corse, que des discussions ont débuté avec le gouvernement français, la libération des prisonniers politiques corses est une condition indispensable à tout règlement du conflit politique que connaît la Corse depuis 250 ans.
LIBERTA PER TUTTI I PATRIOTTI
Prisonniers politiques corses (soutenus par différents mouvements) :
ALESSANDRI Pierre
ANDREANI Sampieru
BATTINI Nicolas
BENEDETTI Félix
CASOLASCO Thierry
CECCALDI Xavier
CLEMENT Marc
COLONNA Yvan
CONTADINI Paul-André
DOMINICI Jean-Marc
FERRANDI Alain
GANU Marc
GARCIA-TOMASI Cyril
GONZALEZ Thierry
ISTRIA Marcel
ISTRIA Paul
MARANELLI Didier
MARRAS Eric
NASICA Joseph
OTTAVIANI Martin
PERU Emmanuel
PIERI Charles
PIERI Christophe
PITTILONI Jean-Marie
SANTONI Charles
SUSINI Laurent